19 février 2009

Cordes dures et aigu artificiel

Si je savais écrire la musique, je passerais mes journées à composer des morceaux. C'est le mode de confession que j'estime le plus. Beaucoup plus subtil que celui que j'utilise en ce moment. Demande au récepteur beaucoup plus d'autonomie, donc laisse au créateur beaucoup plus de paix. À condition qu'il ne doute pas trop de lui, ce créateur-là, et qu'il ne s'attende pas à être entièrement saisi. Sinon, il fait comme moi; il écrit des mots que tout le monde comprend. Certains les ajoutent sur la musique qu'ils composent, pour préciser le message. Ou prennent littéralement le public pas la main, comme Lynda Lemay. Aucune zone d'ambiguïté, pour auditeurs fatigués, à l'imagination paresseuse. Pour moi, certains jours.

Mais l'expression par la musique, celle destinée à rien d'autre qu'à être jouée seule, sans paroles, sans soutien visuel, est la forme d'art la plus intrigante. L'album instrumental, pour ne pas le nommer. Et son public.

Elle existe, je suppose, sans préoccupation pour son public. Dans l'espérance que le canal choisi pour livrer l'émotion soit le plus dégagé possible et qu'on ne s'y perde pas en route. Que la seule forme de censure possible soit celle imposée par les lois de la théorie musicale, aussi permissives puissent-elles être. Il y a quelque chose de touchant dans la confiance qu'un musicien témoigne envers son public. Si j'enregistrais un album instrumental, je serais incapable de le laisser aller sans l'accompagner d'un livret d'une cinquantaine de pages.

Lorsque j'aurai fini de parler, quand tout le monde aura été en désaccord avec moi au moins une fois et que je continuerai à me croire malgré tout, j'espère ressentir assez sévèrement l'urgence d'apprendre cette dite théorie musicale une fois pour toutes. Je pourrai alors continuer à m'exprimer en laissant des impressions aux gens, pas des dictons. Je pourrai aussi discuter ''classique'' avec Claude Gingras de La Presse et me rouler, moi aussi, dans la poussière de la fosse d'orchestre à Wilfrid-Pelletier, en invoquant Mendelssohn et les grands virtuoses musicaux des siècles derniers.

Je n'arriverai probablement pas, par goût, à expulser autre chose que de la simple chanson country réaliste, mais j'aspire quand même un jour à maîtriser le jargon du métier, pour défendre mes humbles accords, comme il se doit, devant l'élite.

En attendant, je repousse le moment où ce blog deviendra un podcast. C'est bel et bien dans le plan de match. Je dois d'abord comprendre ce que c'est.

Aucun commentaire:

Publier un commentaire

Commettez-vous ici